Tunisie – Algérie : régression des acquis démocratiques et des droits humains, solidarité avec les détenu.e.s et mobilisation des collectifs engagés

À l’occasion de la Journée internationale des droits humains, le 10 décembre, les, associations et citoyen·ne·s tunisien·ne·s et algérien·ne·s ,signataires de ce communiqué dénoncent avec force la régression des acquis démocratiques et des droits humains dans nos deux pays.

Treize ans après la révolution tunisienne et cinq ans après le Hirak algérien, les libertés fondamentales sont attaquées : révisions constitutionnelles restrictives, lois liberticides, répression des voix dissidentes, dissolution d’organisations de la société civile et emprisonnement arbitraire de centaines de militant·es et défenseur·es des droits humains.

Nous affirmons que la liberté d’expression, la liberté d’association, la liberté de réunion pacifique et la liberté syndicale sont des droits inaliénables. Aucune personne ne devrait être détenue pour un post, un slogan, un article, une vidéo, une chanson, une grève, une réunion ou un engagement pacifique.

Nous exprimons notre solidarité entière avec les détenu·es politiques et d’opinion, ainsi qu’avec leurs familles, et dénonçons l’usage de la détention provisoire prolongée, des poursuites infondées et des lois répressives pour réduire au silence les voix critiques.

Nous appelons immédiatement les autorités tunisiennes et algériennes à libérer toutes les personnes détenues pour leur engagement pacifique et à cesser toute criminalisation de l’expression et de l’action citoyenne. Tant que ces détentions arbitraires perdureront et les logiques répressives persisteront, aucune démocratie ne pourra être crédible et aucune confiance entre citoyen·nes et institutions ne pourra s’établir.

Face à cette régression des droits et des libertés, nous appelons les collectifs engagés des deux pays à unir leurs forces, à renforcer la solidarité transnationale et à construire ensemble des actions communes pour défendre les libertés, la dignité et la justice sociale.

Nous, associations et citoyen·ne·s tunisien·ne·s et algérien·ne·s signataires, appelons les autorités de nos deux pays à : 

  1. Libérer immédiatement et sans condition toutes les personnes détenues pour leur opinion, leur expression ou leur engagement pacifique.
  2. Abroger ou réviser les lois répressives qui criminalisent la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique.
  3. Garantir l’indépendance de la justice et le respect effectif des contre-pouvoirs pour préserver l’État de droit et la démocratie.

Aux organisations de la société civile, aux collectifs et aux citoyen·nes nous appelons à : 

  1. Renforcer la participation citoyenne, encourager le dialogue et développer le rôle des organisations de la société civile dans les décisions publiques et les mécanismes de consultation.
  2. Consolider la coopération et la solidarité transnationale entre collectifs engagés afin de construire des stratégies communes de défense des droits humains.

La liste des organisations Signataires :

  1. Alliance Transméditerranéenne des Femmes Algériennes – Algérie
  2. Association Beity – Tunisie
  3. Association Intersection pour les droits et libertés – Tunisie
  4. Association Tunisienne de défense des libertés individuelles (ADLI) – Tunisie
  5. Association Tunisienne des femmes démocrates (ATFD) – Tunisie
  6. Association Tunisienne pour les droits et les libertés (ADL) – Tunisie
  7. Collectif des Familles de disparus en Algérie – Algérie
  8. Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT)
  9. Comité de sauvegarde de la Ligue algérienne de défense des droits humains – Algérie
  10. Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des Deux Rives (FTCR) – Tunisie
  11. Fondation pour la promotion des droits – Algérie
  12. Libertés Algérie – Algérie
  13. Ligue Tunisienne pour la défense des droits de l’Homme (LTDH) – Tunisie
  14. Mouvement Ibtykar – Algérie
  15. Riposte Internationale – Algérie

La liste des personnalités publiques signataires :

  1. Abdelmoumene Khelil, défenseur des droits humains

  2. Aissa Rahmoune, avocat à Paris et secrétaire général de la FIDH

  3. Aldja Seghir, militante des droits humains

  4. Ali Ben Saad, professeur des universités Paris 8

  5. Badi Abedelghani, avocat défenseur des droits humains

  6. Brahim Belghith, avocat, militant des droits humains

  7. Cheima Ben Hmida, militante féministe

  8. Hacene Hireche, économiste et enseignant d’universités

  9. Hatem Nafti, chercheur, militant des droits humains

  10. Iddir Iouanoughene, défenseur des droits humains

  11. Kamel Jendoubi, militant des droits humains

  12. Lilia Rebai, militante féministe

  13. Marie Christine Vergiat, militante des droits humains

  14. Mohamed Ben Said, militant des droits humains

  15. Mohamed Iouanoughene, journaliste

  16. Monia Ben Jémia, militante féministe

  17. Mouloud Boumghar, docteur en droit public

  18. Mostefa Bouchachi, avocat et ancien président de la LADDH

  19. Mourad Allal, militant des droits humains

  20. Nacera Dutour, défenseure des droits humains, victime de disparition forcée

  21. Neila Zoghlami, militante féministe

  22. Raja Chamekh, militante des droits humains

  23. Raouf Farrah, chercheur en géopolitique

  24. Said Djaffer, journaliste

  25. Said Salhi, défenseur des droits humains

  26. Wahid Ferchichi, doyen à la faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis, militant des droits humains

  27. Walid Bourouis, militant des droits humains

  28. Zaki Hannache, activiste et militant des droits humains