Droits des Femmes et Justice de Genre

La discrimination fondée sur le genre et l’orientation sexuelle, et la violation des droits des femmes ont persisté dans la région euro-méditerranéenne au cours des trois dernières années. Dans toute la région, de nouveaux mouvements politiques, rejetant la légalité et l’applicabilité du cadre international des droits humains garantissant les droits des femmes et des personnes LGBTQI+, ont émergé. Des études récentes suggèrent que les femmes de la région du sud et de l’est de la Méditerranée continuent de subir des violences sexistes plus souvent que partout ailleurs dans le monde.

L’UE et les États membres ont adopté leur Stratégie européenne pour l’égalité entre les hommes et les femmes 2020-2025 et leur Stratégie européenne LGBTIQ 2020-2025, ainsi que leur Plan d’action de l’UE en faveur de l’égalité des sexes (GAP III), qui couvrent l’action extérieure de l’UE dans les pays tiers, c’est-à-dire la région MENA. En outre, la Convention d’Istanbul sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique est ouverte aux pays non membres de l’UE. EuroMed Droits vise à promouvoir l’égalité des genres dans la région euro-méditerranéenne et à y participer. En lire plus sur cet objectif politique.

 

Publications clés

 

Résultats récents

À cause des confinements dûs au COVID19, les niveaux de cyberviolence (et de violence domestique) sont montés en flèche. Les femmes étant 27 fois plus susceptibles que les hommes d’être harcelées en ligne, EuroMed Droits a redoublé ses efforts de sensibilisation à la violence en ligne fondée sur le genre dans la région du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (région MENA).

EuroMed Droits a effectué des recherches approfondies afin de publier un rapport intitulé « Spaces of violence and resistance: Women’s rights in the online world » (Espaces de violence et de résistance : les droits des femmes dans le monde en ligne) en juin 2021. Ce rapport, qui est le fruit d’une collaboration importante entre les membres du groupe de travail régional d’EuroMed Droits sur les droits des femmes et la justice de genre, a permis d’ouvrir un débat sur ce sujet à l’échelle nationale.

Le 13 novembre 2021, une coalition d’organisations et de marocain·e·s des droits des femmes (constituée entre autres de membres d’EuroMed Droits et des commissions régionales du Conseil national des droits de l’Homme) s’est réunie pour la première fois afin d’aborder le problème de la violence en ligne fondée sur le genre et l’absence de définition de cette notion dans le cadre juridique marocain. Les organisations ont formulé une série de recommandations sur la lutte contre la violence en ligne fondée sur le genre à l’intention de parlementaires, d’institutions clés, d’acteurs de la société civile et de la délégation de l’UE au Maroc, marquant ainsi la première étape d’un projet de plaidoyer de grande envergure sur la violence en ligne à l’égard des femmes.

Ce rapport a également laissé des traces en Europe. Les ONG Oxfam IBIS et KVINFO ont invité EuroMed Droits à présenter les conclusions de ses travaux de recherche lors de l’édition 2021 du festival féministe danois « TalkTown ». EuroMed Droits a également présenté un aperçu des menaces dont sont victimes les défenseuses des droits humains de la région MENA dans les espaces en ligne.

En décembre 2021, afin de continuer à rendre compte quotidiennement de la violence fondée sur le genre, EuroMed Droits a lancé un outil en ligne permettant de surveiller l’hostilité à l’égard de l’égalité des genres dans la région MENA. Il s’agit de la « Backlash Map » (traduit en « Carte des réactions hostiles »). Ce projet précède une collaboration avec le collectif queer marocain Nassawiyat en vue de l’organisation d’un podcast sur l’hostilité à l’égard des droits des personnes LGBTQI+ au Maroc. À ce jour, la « Backlash Map » a attiré l’attention d’ONG internationales et de partenaires potentiels, comme Oxfam Novib.

 

Groupe de travail

Depuis 2004, EuroMed Droits réunit, sur un pied d’égalité, des organisations de défense des droits des femmes du Nord et du Sud de la Méditerranée. Le travail du groupe repose sur quatre axes : la mise en réseau et le renforcement des capacités, le suivi et la documentation, la défense des droits et, surtout, la solidarité.