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Dans la région euro-méditerranéenne, les décisions politiques augmentent les violations des droits des personnes LGBTQI+

A l’occasion de la Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie (IDAHOBIT), EuroMed Droits exprime sa solidarité avec les organisations et activistes LGBTQI+ luttant contre la discrimination basée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre dans la région euro-méditerranéenne, en particulier au Liban.

 

Au Liban, un bilan sombre pour les droits des personnes LGBTQI+

Au Liban, la crise socio-économique de 2019 a aggravé les conditions de vie des communautés vulnérables. Parmi ces dernières, les communautés LGBTQI+ souffrent de discrimination, de pauvreté, de chômage et de manque de protection. La lire libanaise, qui s’est progressivement dépréciée au cours des trois dernières années, se dirige vers un nouvel effondrement, rendant extrêmement difficile l’achat de produits de première nécessité. L’accès à la santé est également un défi : les soins médicaux et les médicaments abordables sont rares. Bien souvent, leur distribution est rendue compliquée par des attitudes discriminatoires largement répandues à l’égard des personnes dont l’orientation sexuelle ou l’expression de genre n’est pas normative.

Au niveau politique, le gouvernement libanais semble accentuer les discriminations à l’encontre des personnes LGBTQI+, comme en témoignent ses récentes actions. Le CLDH, membre d’EuroMed Droits, a observé et documenté de graves violations des droits humains visant les personnes LGBTQI+ au cours de l’année écoulée. Par exemple, comme dénoncé conjointement par les deux organisations susmentionnées, le 24 juin2022, avant le Mois des Fiertés, le ministre de l’Intérieur Bassam Mawlawi a appelé les Forces de sécurité intérieure (FSI) à prendre les mesures nécessaires pour « empêcher tout type d’événement, de célébration ou de rassemblement » de la communauté LGBTQI+ ou « promouvant » l’homosexualité, violant ainsi la liberté d’expression. En novembre 2022, Bassam Mawlawi a envoyé une lettre similaire aux FSI et à la Sûreté générale pour interdire un événement LGBTQI+ prévu dans le quartier Achrafieh de Beyrouth. Il a invoqué le risque d' »incidents de sécurité », déclarant avoir « appris qu’un groupe à Achrafieh prévoyait d’empêcher cet événement ». Suite à cette lettre, de nouveaux crimes de haine ont été enregistrés, notamment dans le quartier de Saïda, où le mouvement anti-LGBTQI+ a brandi des pancartes mentionnant « Fotra » (terme arabe signifiant « par nature ») et la phrase « pas normal ».

 

Rendre les discriminations plus visibles pour mieux les combattre

Cette situation n’est pas propre au Liban. Dans plusieurs pays de la région MENA, les comportements homosexuels ou l’expression de l’identité de genre peuvent être sanctionnés par arrestation et emprisonnement. La liberté d’expression et l’enregistrement des associations LGBTQI+ sont quasiment impossibles. Dans l’UE, les positions anti-LGBTQI+ sont alimentées par des dirigeant·es politiques et des gouvernements influents, notamment en Hongrie, Pologne et Italie, comme en témoigne leur récente campagne de défense des « familles traditionnelles ». Parmi les mesures prises, le gouvernement italien a demandé à la ville de Milan de cesser d’enregistrer les enfants de parents du même sexe. Le Sénat italien, dirigé par le parti de Meloni, a rejeté un règlement sur la reconnaissance des droits des enfants, y compris ceux des couples de même sexe, proposé par la Commission européenne. Enfin, les sénateur·ices ont également rejeté l’idée d’un certificat européen de parentalité, qui garantirait la reconnaissance de parentalité dans toute l’UE.

Malgré ces discriminations, une solidarité entre pays est notable. En avril 2023, quinze gouvernements de l’UE se sont joints à la poursuite de la Commission européenne contre la Hongrie à propos d’une loi anti-LGBTQI+ controversée, également condamnée par le Parlement européen.

La société civile dans la région euro-méditerranéenne reste aussi mobilisée contre de telles positions. EuroMed Droits et ses membres continuent de signaler les backlashes envers l’égalité de genre dans la région euro-méditerranéenne. Grâce à la gender backlash map, nous nous engageons pleinement à améliorer la situation. Lancée en 2021, la gender backlahs map vise à surveiller les décisions politiques, législatives et judiciaires qui affaiblissent les droits des femmes et des personnes LGBTQI+ dans la région. Tout le monde peut signaler les backlash à l’aide du formulaire disponible ici. Cet outil permet de rendre visible et dénoncer les attaques de plus en plus nombreuses contre les droits des personnes LGBTQI+ et les discriminations inscrites dans les lois, auxquelles ces personnes sont confrontées au quotidien.

Aidez-nous à cibler les discriminations contre l’égalité de genre dans la région euro-méditerranéenne.

Envoyez un rapport ! #ActionForEquality