UpM au Caire: la situation désastreuse des droits humains et des droits des femmes en Égypte ne peut être reléguée aux oubliettes

Communiqué de Presse, Egypte, Rétrécissement de l'espace de la société civile

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Conférence ministérielle de l’Union pour la Méditerranée au Caire : la situation désastreuse des droits humains et des droits des femmes en Égypte ne peut être reléguée aux oubliettes

Bruxelles, 24 novembre 2017

EuroMed Droits déplore que l’Égypte ait été choisie pour accueillir la quatrième édition de la conférence ministérielle de l’Union pour la Méditerranée (UpM) sur le renforcement du rôle des femmes dans la société, qui aura lieu le 27 novembre. Le Réseau se dit consterné par cette décision au vu des nombreuses violations de droits humains commises par les autorités égyptiennes.

Ces derniers mois, de multiples interdictions de voyager, ainsi que plusieurs ordonnances de gel des avoirs et des mandats d’arrêt, ont été portés contre des personnes militantes et défenseuses des droits humains. Le rétrécissement de l’espace dédié à la société civile et les ONG féministes affecte particulièrement la société civile indépendante et les femmes défenseuses des droits humains, qui sont également discréditées dans des campagnes de diffamation.

Les violences sexuelles commises contre les femmes dans l’espace public demeurent extrêmement problématiques au sein de ce pays. Elles révèlent des failles dans la législation et les stratégies de l’État visant à combattre les violences faites aux femmes. En octobre 2017, Le Caire a été classé comme la métropole la plus dangereuse pour les femmes dans une enquête de la Fondation Thomson Reuters. Il est d’autant plus ahurissant que le président Al-Sissi ait décrété qu’en Égypte, 2017 serait « l’année de la femme », alors que les stratégies nationales de lutte contre la discrimination fondée sur le genre n’ont toujours pas de mise en œuvre adéquate. EuroMed Droits souligne l’importance cruciale d’adopter une loi unifiée qui criminalise toutes les formes de violence à l’égard des femmes, tant dans la sphère publique que privée.

Si l’UpM souhaite promouvoir les droits des femmes dans la région, elle doit soutenir la société civile indépendante présente sur le terrain, non seulement financièrement, mais aussi sur le plan politique. Nous enjoignons dès lors à l’UpM de condamner publiquement l’offensive contre la société civile en Égypte.

Visitez notre page de campagne « Droits humains bafoués en Égypte » et notre rapport « In Their Own Words » sur des témoignages de femmes égyptiennes (en anglais et en arabe).