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Dernières nouvelles sur la migration

Sur la route

Faits marquants récents

Les migrants empruntant la route de la Méditerranée centrale restent exposés aux réseaux de passeurs et de traite qui tirent profit de traversées périlleuses et d’embarcations précaires. La situation s’est aggravée : au moins 655 migrants sont morts ou portés disparus en mer au début de l’année 2026, soit plus du double par rapport à la même période en 2025, malgré une baisse du nombre de tentatives de traversée. Les experts attribuent cette hausse aux conditions météorologiques extrêmes, à la fragilité des embarcations, à l’allongement des itinéraires dû au renforcement des contrôles aux frontières et au manque de voies d’accès légales. Lors d’un incident récent, un bateau parti de Libye avec plus de 100 personnes à bord a chaviré, faisant au moins deux morts et plus de 70 disparus, avec seulement 32 survivants secourus. L’OIM a également signalé plus de 180 migrants supplémentaires portés disparus à la suite de récents naufrages en Méditerranée, portant le nombre estimé de morts depuis le début de l’année 2026 à près de 1 000, la Méditerranée centrale restant la route la plus meurtrière.    

En Méditerranée occidentale, les arrivées de migrants aux îles Canaries, en Espagne, ont chuté de 82 % par rapport à la même période l’année dernière, grâce au renforcement de la coopération entre l’Espagne, l’UE et les pays d’Afrique de l’Ouest pour intercepter les départs. Cependant, les flux se sont simplement réorientés plutôt que de disparaître complètement, avec une augmentation significative des arrivées dans les enclaves espagnoles de Ceuta et des îles Baléares, où les autorités font état d’une pression migratoire croissante. Par ailleurs, les autorités françaises et britanniques ont démantelé un réseau transnational de passeurs accusé d’avoir transporté plus de 1 000 migrants vietnamiens vers le Royaume-Uni par des voies irrégulières. 

En Méditerranée orientale, des incidents mortels continuent de se produire parallèlement à des tentatives soutenues de traversée vers la Grèce. Dans un cas, 19 migrants, dont un bébé, ont trouvé la mort près de Bodrum, enTurquie, après que leur embarcation a coulé alors qu’ils tentaient d’échapper aux garde-côtes.  Malgré les efforts de contrôle, les mouvements irréguliers persistent : entre le 30 mars et le 5 avril 2026, 12 embarcations transportant268 migrants ont tenté de rejoindre les îles grecques de la mer Égée. La plupart ont été interceptées, et 89 arrivées ont finalement été enregistrées en Grèce.    

Nouvelles positives

L’UNICEF a indiqué qu’en 2025, il avait apporté son soutien à plus de 15 000 enfants et jeunes migrants et réfugiés en Italie, principalement par le biais de services de santé mentale, de programmes de protection et d’actions visant à prévenir la violence sexiste. Environ 3 000 mineurs, femmes et familles ont bénéficié d’un accompagnement individuel de la part des services locaux, tandis que 1 400 mineurs en situation de vulnérabilité ont participé à des programmes visant à développer leurs compétences linguistiques, numériques et transférables. Cette année (2026), l’UNICEF vise à étendre son impact, en ciblant 30 000 personnes par le biais d’un soutien direct et jusqu’à 100 000 par le biais d’initiatives en ligne, tout en continuant à renforcer la protection et l’inclusion des systèmes destinés aux enfants migrants.   

Actualités de l'UE

  • 15 avril 2026 : Les migrants afghans en Pologne craignent d’être expulsés de force après que les autorités ont restreint l’accès aux procédures d’asile pour les personnes entrant par la frontière biélorusse.  

    14 avril 2026 : L’Allemagne a suspendu l’accès aux cours d’intégration gratuits pour la plupart des demandeurs d’asile, ce qui touche environ 129 500 personnes.  

    Un rapport daté du 20 mars 2026 indiquait que l’Autriche avait approuvé l’ouverture de négociations avec l’Ouzbékistan sur un accord migratoire visant à faciliter le retour des demandeurs d’asile déboutés, y compris les migrants entransit. Il soulignait également que la Pologne s’apprêtait à construire une nouvelle clôture de 4 mètres de haut le long de certaines parties de sa frontière avec la Biélorussie afin de dissuader les passages irréguliers. De plus, l’Allemagne a annoncé son intention de mettre fin au financement fédéral des services de conseil juridique indépendants destinés aux demandeurs d’asile à partir de 2027. Cette décision a été critiquée par les partis d’opposition et les ONG, qui affirment qu’elle affaiblira les garanties juridiques et rendra les procédures d’asile plus difficiles à suivre. 

    27 mars 2026 : L’Allemagne et les Pays-Bas ont conclu un accord visant à collaborer pour renforcer la sécurité aux frontières et mettre en œuvre le Pacte européen sur l’asile et les migrations. Leur coopération mettra particulièrement l’accent sur l’organisation du retour des demandeurs d’asile déboutés vers leur pays d’origine, par le biais de centres de retour qui doivent encore être mis en place.  

    25 mars 2026 : Le gouvernement suédois a proposé un projet de loi exigeant des migrants qu’ils prouvent qu’ils mènent une « vie honnête » pour conserver leur permis de séjour, tout manquement pouvant entraîner une expulsion. 

La manie du retour
Cartographie des politiques et pratiques dans la région EuroMed

La recherche fournit une vue d’ensemble des politiques et pratiques de retour actuelles dans la région euro-méditerranéenne et met en lumière les violations des droits humains qu’entraîne cette « obsession du retour », qui est partagée par les États membres, les institutions de l’UE et les pays tiers. Le rapport couvre les politiques et pratiques nationales en matière de retour dans les régions du Machrek et du Maghreb, en se concentrant sur les retours de Turquie et du Liban vers la Syrie, et sur les accords de réadmission entre l’Italie et la Tunisie, l’Espagne et le Maroc ainsi que la France et le Maroc. Il examine également les retours d’Allemagne et d’Italie vers l’Égypte. Lire la suite