Tunisie

Le travail effectué par EuroMed Droits en Tunisie vise à renforcer et créer des synergies entre les acteurs nationaux et internationaux de la société civile, et les instances indépendantes de l’État dans quatre domaines : la réforme de la justice, les droits des femmes et l’égalité des genres, les libertés individuelles et la création d’institutions indépendantes.

Depuis plusieurs années, EuroMed Droits est également le fer de lance d’un « dialogue tripartite » entre la société civile, le gouvernement tunisien et l’UE afin de renforcer les normes en matière de droits humains dans les relations bilatérales entre l’UE et la Tunisie dans le domaine de l’égalité des genres, des droits des migrant.e.s et des réfugié.e.s, de la réforme de la justice et des droits économiques et sociaux.

Les publications les plus récentes d’EuroMed Droits sur la Tunisie et la liste des organisations membres liées à ce programme sont disponibles sur le côté droit de cette page.

 

Résultats récents

Les confinements dus à la pandémie de COVID19 et la situation en Tunisie depuis le 25 juillet 2021 ont limité le travail conjoint des organisations et défenseur·se·s des droits humains. Malgré tout, EuroMed Droits s’est engagé aux côtés d’organisations de la société civile afin de formuler des demandes stratégiques tout en travaillant avec des institutions de l’État pour influencer leurs stratégies d’action.

Cette coopération avec la société civile s’est par exemple exprimée à travers un événement organisé le 12 octobre 2021, lors duquel plus de 40 organisations de la société civile se sont rassemblées à Tunis et ont accepté de travailler ensemble pour rédiger un rapport alternatif en vue de l’Examen périodique universel (EPU) des Nations Unies en 2022. C’est la première fois qu’un nombre aussi important d’organisations participaient à ce processus en Tunisie.

Le travail intermédiaire réalisé par EuroMed Droits pour faire le lien entre les demandes stratégiques de la société civile et les stratégies d’action des autorités a été reconnu, notamment le 12 mars 2021, lorsque la ministre des Affaires de la femme a marqué son intérêt et son soutien pour les activités menées par EuroMed Droits et ses partenaires en vue de soutenir la stratégie nationale de lutte contre les violences à l’égard des femmes. Cet intérêt a abouti, le 1er octobre 2021, à la signature d’un accord de partenariat avec EuroMed Droits pour établir un dialogue tripartite sur l’émancipation des femmes et la lutte contre la violence économique. Cet accord a reçu un soutien financier à sa mise en œuvre de la part des gouvernements suédois et suisse fin 2021.

La reconnaissance publique des bonnes relations créées entre EuroMed Droits et le ministère des Affaires de la femme a transparu dans une série d’activités organisées par EuroMed Droits et ses partenaires en amont des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes en Tunisie. Ces activités ont été présentées dans la brochure du programme 2021 éditée par le ministère des Affaires de la femme.

EuroMed Droits a également noué de solides relations avec l’Observatoire national pour la lutte contre la violence à l’égard des femmes. En témoigne la création, le 26 novembre 2021, d’un espace de dialogue entre les autorités et des centres associatifs de soins pour les femmes victimes de violence. Cet espace permet aux associations en question d’aborder les difficultés auxquelles elles doivent faire face pour accomplir leur mission à Tunis. EuroMed Droits a aussi travaillé avec des instances régionales de coordination pour lutter contre les violences à l’égard des femmes à Kasserine et à Ben Arous, dans le but d’établir une feuille de route sur l’accès à la justice pour les femmes.

EuroMed Droits a poursuivi ses activités de plaidoyer en Tunisie, lesquelles ont eu des résultats positifs le 7 avril 2021, lorsque le gouvernement tunisien a enfin adopté le décret fixant les modalités de création de la Commission nationale de lutte contre la discrimination raciale en Tunisie. Il s’agit d’une étape importante dans un processus qu’EuroMed Droits et ses partenaires ont fortement défendu pendant des années.

En ce qui concerne le soutien fourni aux instances publiques nationales, l’Instance nationale de l’accès à l’information a, comme promis, entamé des travaux bilatéraux avec des représentant·e·s du secteur lors d’une réunion à Sfax. Toutes les instances nationales ont également accepté de mettre au point des stratégies de communication, une initiative coordonnée par EuroMed Droits.