Dernières nouvelles sur la migration
Sur la route
Faits marquants récents
Depuis le début de l’année, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a fait état de la mort de 129 personnes en mer Méditerranée, alors qu’elles tentaient d’atteindre l’Europe. Si les routes maritimes de la Méditérranée sont meurtrières, les politiques européennes le sont tout autant. Le 17 février, un rapport de neuf organisations de défense des droits humains a révélé qu’au moins 120 457 « pushbacks » avaient été enregistrés en Europe en 2024.
Dans l’Atlantique, la route des Canaries continue également de faire de nombreuses victimes. En février 2025, les autorités mauritaniennes ont retrouvé neuf corps au large de Nouadhibou, un point de départ pour les embarcations de migrants en direction des Canaries espagnoles.
Au cours du mois de février, la route de la Méditerranée orientale a connu une augmentation significative des passages migratoires. Le 27 février, 350 migrants ont atteint l’île de Gavdos en Grèce, un chiffre qui représente le plus grand nombre d’arrivées en une seule journée sur cette petite île.
Les naufrages en Méditerranée centrale continuent de se multiplier. Le 11 février, 16 personnes originaires du Pakistan ont été retrouvées décédées au large de la ville libyenne de Zaoula suite au naufrage de leur embarcation. Au total, 63 personnes étaient à bord et seulement 37 ont survécu. Une personne a été hospitalisée, 33 sont détenues par « la police » et dix autres passager.ère.s sont porté.e.s disparu.e.s.
Nouvelles positives
- Le 07 janvier 2025, la Cour européenne des droits de l’homme a rendu son arrêt dans le cas A.R.E c. Grèce. En 2019, les autorités grecques avaient refoulé une demandeuse d’asile dans la région d’Evros. La Grèce est condamnée pour l’expulsion de cette citoyenne turque dans son pays d’origine, sans examiner au préalable sa demande de protection internationale. L’arrêt dispose également que l’arrestation et la détention étaient injustifiées juridiquement et relève les traitements dégradants subis par la requérante. Le travail des avocats du Greek Council of Refugees a été indispensable dans cette victoire qui reconnaît le caractère systématique des refoulements de personnes migrantes et réfugiées.
- Le 30 décembre 2024, l’Algérie a libéré 60 jeunes marocains incarcérés pour des raisons de migration “irrégulière”. Dans un contexte de tensions diplomatiques et de frontières fermées, ces jeunes ont été rapatriés. L’Association Marocaine d’Aide aux Migrants en Situation Vulnérable suit le dossier de 480 migrant.es toujours détenu.es ou disparu.es.
Actualités de l'UE
- La Commission européenne prépare une réforme du système d’expulsion de l’UE pour accélérer le renvoi des demandeur.euse.s d’asile débouté.e.s. Le plan, qui sera dévoilé le 11 mars, inclut des mesures strictes contre les migrant.e.s et vise à renforcer l’application des décisions d’expulsion. Parallèlement, l’UE explore des « centres de retour » dans des pays tiers, malgré des défis juridiques et des préoccupations sur les droits humains. Le commissaire chargé des migrations, Magnus Brunner, a déclaré : « L’Europe a besoin de procédures efficaces et modernes pour le retour des demandeurs d’asile déboutés et des personnes en situation d’infraction à la législation sur les visas. Sans ces procédures, nous compromettons la crédibilité et la viabilité de l’ensemble du système d’immigration et d’asile ».
- Le 5 mars, les ministres de l’Intérieur de l’Union européenne se sont réunis pour discuter des questions liées à l’immigration. À l’ordre du jour de cette réunion figuraient le concept des « visites de contrôle », permettant aux Syriens de se rendre temporairement dans leur pays d’origine pour évaluer leurs options, sans perdre leurs droits de visa dans leur pays d’adoption, ainsi que la mise en place d’un nouveau système d’entrée et de sortie pour les ressortissants étrangers se rendant dans 29 pays européens. Ces nouveaux systèmes de contrôle aux frontières, déjà en place dans certains aéroports européens, sont la manifestation la plus visible des moyens mis en place par l’Europe pour renforcer la sécurité à ses frontières.
Pays
La manie du retour
Cartographie des politiques et pratiques dans la région EuroMed
La recherche fournit une vue d’ensemble des politiques et pratiques de retour actuelles dans la région euro-méditerranéenne et met en lumière les violations des droits humains qu’entraîne cette « obsession du retour », qui est partagée par les États membres, les institutions de l’UE et les pays tiers. Le rapport couvre les politiques et pratiques nationales en matière de retour dans les régions du Machrek et du Maghreb, en se concentrant sur les retours de Turquie et du Liban vers la Syrie, et sur les accords de réadmission entre l’Italie et la Tunisie, l’Espagne et le Maroc ainsi que la France et le Maroc. Il examine également les retours d’Allemagne et d’Italie vers l’Égypte. Lire la suite