Journée internationale des femmes, à la rencontre de nos membres

Egalité des genres et droits des femmes, Egypte, Jordanie, Maroc / Sahara Occidental, Tunisie

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C’est une Journée internationale des femmes bien particulière que celle de ce 8 mars 2018. Ces derniers mois, des milliers de femmes ont osé sortir du silence et dénoncer les violences et discriminations qu’elles ont subies ou subissent encore. EuroMed Droits se réjouit de ce mouvement mondial sans précédent en faveur des droits des femmes. En partenariat avec ses organisations membres, EuroMed Droits partage ce 8 mars une série de fiches informatives et des vidéos qui soulignent les inégalités persistantes que les femmes endurent.

Dans la région euro-méditerranéenne, certains gouvernements ont entrepris des réformes pour mieux contrer les violences à l’égard des femmes. C’est le cas en Tunisie, en juillet 2017, avec l’adoption de la loi intégrale. Cette loi prévoit la reconnaissance de toutes les formes de violence ainsi qu’une assistance juridique et psychologique aux victimes. Mais des lacunes demeurent. Ainsi la loi ne prévoit aucune disposition expresse incriminant le viol conjugal. Par ailleurs, près de huit mois se sont écoulés depuis l’adoption de cette loi, et aucun texte d’application n’a été promulgué à ce jour.

En Jordanie, le 1er août passé, des articles du Code pénal permettant à un violeur d’échapper à la persécution s’il épouse sa victime ont été abolis. Quelques semaines plus tard, le Liban a suivi l’exemple, bien qu’ici, les violeurs restent protégés dans certains cas ; lorsque l’agression sexuelle est commise contre une fille entre 15 et 18 ans et lorsqu’il y a consentement ou promesse de mariage préalable.

En novembre 2017, Chypre a ratifié la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, surnommée la Convention d’Istanbul. Celle-ci est entrée en vigueur ce 1er mars 2018. Cela devrait renforcer substantiellement la prévention contre les violences et la protection des victimes.

Ces progrès ne doivent cependant pas masquer les nombreux obstacles qui subsistent dans la région euro-méditerranéenne pour que les femmes soient traitées de manière égalitaire. C’est pourquoi EuroMed Droits promeut activement l’adoption de la Convention d’Istanbul dans l’ensemble de la région en tant que cadre global de lutte contre les violences faites aux femmes.

Vidéos et fiches informatives

Découvrez ci-dessous la situation des violences faites aux femmes dans les pays suivants

Égypte

Malgré les mesures promulguées par la Constitution, les femmes en Egypte souffrent de nombreuses discriminations. Les femmes sont particulièrement vulnérables dans la sphère privée, car la loi sur le statut personnel est très inégale en ce qui concerne l’accès au divorce, la garde des enfants et l’héritage. En savoir plus avec Nada Nashat (en anglais) du Centre d’assistance juridique pour les femmes égyptiennes (CEWLA) et lire notre rapport sur la situation des violences à l’égard des femmes en Égypte.

Jordanie

Seules certaines formes de violence à l’égard des femmes sont criminalisées en Jordanie. Le Code pénal criminalise notamment le viol et le harcèlement, mais le viol conjugal n’est pas considéré comme une infraction pénale. La Jordanie n’a pas de loi spécifique sur les crimes d’honneur, qui ne sont pas explicitement mentionnés dans le Code pénal. En savoir plus avec Eva Abou Halaweh (en anglais) du Groupe d’avocats pour les droits humains (Mizan) et lire notre nouveau rapport sur la situation des violences à l’égard des femmes en Jordanie.

Maroc

Le 14 février 2018, le Parlement a adopté une loi sur la lutte contre les violences à l’égard des femmes. Malgré quelques progrès, la société civile affirme que la loi ne comporte qu’un certain nombre d’amendements dispersés et partiels au Code pénal et qu’elle ne répond pas à la nécessité d’une loi globale sur les violences à l’encontre des femmes. En savoir plus sur la loi 103.13 dans ce clip vidéo et lire notre rapport mis à jour sur la situation des violences à l’encontre des femmes au Maroc.

Tunisie

Malgré l’adoption d’une loi sur les violences à l’encontre des femmes l’an passé, seulement 0,27% du budget du gouvernement a été alloué au Ministère des Affaires de La Femme et de La Famille pour l’ensemble du travail relatif aux droits des femmes, y compris la lutte contre les violences à l’égard des femmes. En savoir plus avec Monia Ben Jemia de l’Association tunisienne des femmes démocratiques (ATFD) et lire notre rapport sur la situation des violences à l’égard des femmes en Tunisie. EuroMed Droits rejoint par ailleurs l’ATFD et une coalition de plus de 50 organisations de la société civile pour organiser une grande manifestation le 10 mars pour demander l’égalité dans l’héritage.


ACTIVITÉS DES MEMBRES

  1. Association Tunisienne des Femmes Démocratiques (ATFD), Tunisie
    Les activités de l’ATFD se focalisent sur l’égalité dans l’héritage. Des assises de la société civile ont été organisées le 3 mars dernier afin d’adopter une position commune sur la question.
    Une manifestation majeure est également prévue le 10 mars, afin de réclamer cette égalité. La manifestation est une initiative conjointe d’une coalition d’associations.
  2. Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme (LTDH), Tunisie
    La LTDH organise un séminaire sur la thématique “Femmes et droits économiques et sociaux”.
  3. Syndicat National Autonome des Personnels de l’Administration Publique (SNAPAP), Algérie
    Le SNAPAP prévoit un point presse et un rassemblement devant la maison de la presse à Alger. Cette année, ses priorités sont la lutte contre le chômage féminin et la féminisation de la pauvreté dans le monde du travail, ainsi qu’une campagne de sensibilisation contre les violences à l’égard des femmes.
  4. Le Centre danois pour la recherche et l’information sur le genre, l’égalité et la diversité (KVINFO), Danemark
    KVINFO organise un évènement féministe festif à Copenhague, avec de nombreux orateurs mais aussi des musiciens.
  5. Urnammu, Syria
    L’organisation Urnammu participe à un évènement à Londres. Son objectif est de sensibiliser le public sur la situation des personnes réfugiées, notamment les personnes réfugiées de Syrie.
  6. Groupe d’avocats pour les droits de l’homme (Mizan), Jordanie
    L’association des avocats est particulièrement investie cette année autour de la protection des femmes en danger. Cette priorité est liée au partenariat entre Mizan et le Ministère du développement social sur l’établissement de refuges à destination des femmes.
  7. Le centre d’Aide Légale et de Conseil pour les femmes (WCLAC), Palestine
    WCLAC a choisi de sensibiliser l’opinion publique sur la condition des femmes en milieu rural, notamment à travers une série de récits à succès. Plusieurs activités sont organisées dans le cadre de la campagne “She leads the way”, lancée pour célébrer la journée internationale des femmes 2018
  8. Association Marocaine des Droits Humains (AMDH)
    L’AMDH organise un sit-in devant le parlement en collaboration avec d’autres organisations qui se battent pour les droits des femmes. L’organisation prévoit également une série d’ateliers pour réfléchir et proposer une loi alternative à la Loi 103.13 adoptée le 14 février, loi relative à la lutte contre les violences faites aux femmes.
  9. KAFA – (enough) Violence and Exploitation, Liban
    L’association KAFA a projeté le documentaire “Against me” au cinéma Sofi ce 7 mars. Ce documentaire retrace l’histoire de sept femmes qui appartiennent à différentes communautés religieuses musulmanes et chrétiennes.  Le documentaire montre comment les lois sur le Statut personnel sont discriminatoires et comment celles-ci contrôlent l’avenir des femmes. KAFA se joint aussi aux efforts des autres organisations civiles en participant à une manifestation le 11 mars.

Cliquez ici pour en savoir plus sur la Convention d’Istanbul.