Journée internationale des femmes : Lutte contre les violences faites aux femmes dans la région euro-méditerranéenne

Chypre, Droits des Femmes et Justice de Genre, Egypte, Fiche technique, France, Maroc / Sahara Occidental, Tunisie, Turquie

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Des cadres différents, mais des lacunes similaires

Dans le cadre de sa campagne sur la Convention d’Istanbul #NONauxViolencesFaitesAuxFemmes, pour la Journée internationale des femmes, EuroMed Droits souhaite attirer l’attention sur les violences faites aux femmes dans le Nord et le Sud de la Méditerranée, en soulignant des tendances communes inquiétantes, ainsi qu’en fournissant des informations sur les différentes approches de lutte contre l’une des violations les plus répandues et les plus graves des droits des femmes dans la région euro-méditerranéenne.

La Convention d’Istanbul est le premier instrument international juridiquement contraignant dans la « prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique ». Il s’agit d’une convention normative que la société civile peut utiliser comme référence pour plaider en faveur de modifications juridiques et institutionnelles dans tous les pays et en faire le suivi.

À l’occasion de cette campagne, EuroMed Droits a analysé et comparé les cadres juridiques et politiques de différents pays d’Europe, d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient concernant la lutte contre les violences fondées sur le genre et la protection offerte aux victimes. Des informations détaillées figurent dans le tableau comparatif et les fiches  par pays ci-dessous. Malgré des approches et des réalisations différentes, Chypre, l’Égypte, la France, le Maroc, la Tunisie et la Turquie révèlent des tendances communes alarmantes.

Lire les principales conclusions de la comparaison

En règle générale, les cadres politiques et juridiques sont insuffisants pour répondre au défi que représente le problème structurel des violences fondées sur le genre. Bien souvent, les codes pénaux n’incriminent pas toutes les formes de violences à l’encontre des femmes. Il arrive même que ces codes offrent des moyens d’échapper aux sanctions (au nom de l’honneur, de la protection familiale ou simplement parce que les conceptions patriarcales ne reconnaissent pas la gravité de ces violences).

Même lorsque des lois spécifiques existent pour lutter contre les violences faites aux femmes, les moyens de mise en œuvre sont insuffisants. Partout, les services de protection comme les refuges et les centres d’accueil de jour sont insuffisants, et gérés par des ONG qui manquent de financements pérennes.

Les personnels en contact direct avec les victimes (services médico-sociaux, police et justice) sont généralement peu formés, et dans certains cas, la police ne connait même pas les lois protégeant les femmes victimes de violences ! Tout autour de la Méditerranée, les juges et les procureurs maintiennent des attitudes conservatrices et tendent à minimiser la gravité du préjudice subi par ces femmes.

Cela conduit trop souvent à une “victimisation secondaire”, lorsqu’une femme est victime à nouveau en tentant de déposer plainte et fait face au mépris, son témoignage est mis en doute, ou la police la renvoie vers son mari violent pour se « réconcilier ».

Bien que le problème des violences faites aux femmes soit de plus en plus mis en évidence et que des campagnes publiques aient été orchestrées, les programmes d’éducation préventive demeurent rares et inadéquats.

Enfin, dans la plupart des pays étudiés, nous avons remarqué que les femmes migrantes et demandeuses d’asile subissent une discrimination encore plus forte et se heurtent à de nombreux obstacles pour bénéficier d’une protection et de services juridiques. Les violences fondées sur le genre sont rarement prises en considération dans les procédures d’asile, contrairement à ce que la Convention d’Istanbul prévoit.

Ces fiches d’information concernent les pays suivants

Sélectionnez ci-dessous la fiche d’information que vous voulez lire ou téléchargez un fichier ZIP reprenant l’ensemble des fiches :

Chypre

Selon une récente étude sur les violences domestiques à l’égard des femmes, 22 % des Chypriotes âgées de plus de 15 ans ont subi des violences physiques et/ou sexuelles au cours de leur vie… En savoir plus

Egypte

D’après une enquête réalisée par ONU Femmes (avril 2013), 99,3 % des Égyptiennes ont été victimes de harcèlement sexuel, et 91 % d’entre elles ne se sentent pas en sécurité dans les rues… En savoir plus

France

En 2015, 115 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, tandis que 7 femmes ont été assassinées par leur partenaire non officiel (amants, petits amis, relations sporadiques, etc.). En savoir plus

Maroc

Une enquête nationale réalisée en 2009 a révélé que 63 % des femmes âgées de 18 à 64 ans ont subi au moins un acte de violence durant les douze mois précédant l’enquête. Parmi elles, 55 % ont souffert de violences conjugales. En savoir plus

Tunisie

Selon une enquête nationale de 2011, près de 50 % des femmes âgées de 18 à 64 ans ont été victimes d’une forme de violence au cours de leur vie : physique (31,7 %), psychologique (28,9 %), sexuelle (15 %) et économique (7,1 %). En savoir plus

Turquie

Seuls 7 % des femmes victimes de violences le déclarent à la police ; dans 13 % des cas, aucune mesure n’est prise et personne n’est inculpé ou poursuivi. De plus, 26 % des femmes âgées de 15 à 49 ans ont été mariées mineures. En savoir plus

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