Conseil d’Association UE-Turquie : inquiétudes concernant la situation des droits humains

Communiqué de Presse, Justice et Etat de Droit, Rétrécissement de l'espace de la société civile, Turquie

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Communiqué de presse

Bruxelles, 14 Mars 2019

Avant le Conseil d’association, qui examinera les relations bilatérales UE-Turquie prévu le 15 mars, le Président d’EuroMed Droits, Wadih Al-Asmar, a déclaré :

« Depuis la levée de l’état d’urgence en Turquie en juillet 2018, l’espace réservé aux organisations de la société civile dans le pays s’est de plus en plus rétréci et les défenseurs des droits humains ont été soumis à une pression constante du gouvernement turc.  La définition vague du terrorisme telle qu’énoncée dans la loi antiterroriste n ° 3713 est constamment exploitée par la justice turque pour cibler les défenseures des droits humains et les voix dissidentes pacifiques, les accusant d’être « membres d’une organisation terroriste » et de « propagande pour une organisation terroriste ».

Nous appelons donc les dirigeants européens à exprimer leur inquiétude face à la situation des droits humains en Turquie, comme ça a été le cas lors de la 40e session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, et rappeler que les défenseurs des droits humains sont des alliés naturels et indispensables dans la promotion des droits humains et de la démocratisation dans leurs pays, comme indiqué dans les orientations de l’Union Européenne concernant les défenseurs des droits de l’homme.

Nous demandons au gouvernement turc de abandonner inconditionnellement les poursuites judiciaires engagées pour des motifs politiques ; libérer sans délai les milliers de citoyens injustement emprisonnés et victimes de harcèlement judiciaire pour l’exercice légitime de leurs libertés fondamentales ; modifier la vaste loi antiterroriste n ° 3713 ; mettre fin au harcèlement judiciaire des signataires de la pétition « Academics for Peace ».’’

Notes aux rédacteurs : 

Academics for Peace est un groupe qui rassemble plus de 2 000 personnes qui soutiennent la paix dans le sud-est de la Turquie. Ils font partie des 1128 signataires d’une pétition déposée en janvier 2016 appelant à la fin des violences dans la région. Dans cette pétition, les signataires ont condamné les violences perpétrées contre les Kurdes et les violations systématiques des lois nationales et des traités internationaux par l’État turc.