EuroMed Droits, l’Équipe argentine d’anthropologie médico-légale (EAAF) et la Clinique des droits humains de la Faculté de droit de l’Université de Chicago publient deux rapports sur la question des personnes migrantes disparues ou décédées, en lien avec les cadres juridiques du Maroc et de l’Espagne. Ces rapports proposent, pour chacun des deux pays, une analyse approfondie des défis juridiques, des lacunes d’application et des obstacles rencontrés par les familles dans la recherche/l’identification de leurs proches. Ils s’inscrivent dans la continuité de la récente publication de notre étude « Cadre juridique concernant les migrants voyageant d’Afrique vers le sud-ouest de l’Europe », qui donne une vue d’ensemble des cadres juridiques internationaux relatifs aux migrants disparus.
Selon le projet Missing Migrants de l’OIM, plus de 4485 personnes migrantes sont mortes ou portées disparues en Méditerranée occidentale depuis 2014, un chiffre largement en deçà de la réalité, de nombreux cas n’étant pas signalés ni prise en compte.
Au Maroc, le rapport souligne l’absence de protocoles clairs encadrant la coopération interétatique, le défaut d’un enregistrement et d’une identification systématiques, ainsi que le manque de communication des autorités avec les familles des migrants disparus.
En Espagne, le rapport met en avant la nécessité de créer un organisme civil chargé de servir de point de contact unique pour les proches de personnes disparues ou décédées dans un contexte migratoire, et de renforcer la collaboration avec les organisations de la société civile, les institutions ainsi que les acteurs des pays d’origine, de transit et de destination.
Lire le rapport sur le Maroc en anglais, français et arabe.
Lire le rapport sur l’Espagne en anglais, espagnol, français et arabe.