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Visite officielle du Président Macron en Tunisie

Ce 31 janvier 2018, le Président Emmanuel Macron se rend en Tunisie pour une visite officielle d’Etat de deux jours.

A l’occasion de cette visite, le Président d’EuroMed Droits, Michel Tubiana, rappelle les préoccupations principales de ses membres en Tunisie :

« A l’heure où la France souhaite renforcer ses liens avec la Tunisie, notamment dans le domaine économique et la lutte antiterroriste, nous rappelons l’importance des droits fondamentaux dans ce partenariat stratégique. Nous insistons sur les droits des personnes migrantes et réfugiées. Il est capital que la circulation des personnes entre l’espace Schengen et la Tunisie soit équitable et qu’un accord de facilitation des visas assurant la mobilité soit négocié.

Nous l’avons vu ces semaines passées, le peuple tunisien bouillonne face à la détérioration de ses conditions de vie, et il en faut peu pour que les rues s’enflamment. Plus que jamais les négociations pour un Accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA) doivent prendre en compte les intérêts de la Tunisie. Il est nécessaire que l’asymétrie existante dans les échanges entre la Tunisie et l’UE soit corrigée, faute de quoi la gronde sociale gonflera, et avec elle l’instabilité régionale.

La transition que connaît la Tunisie reste fragile et sa remise en cause aurait des conséquences graves non seulement pour ce pays mais aussi pour toute la région. Le retard dans la mise en œuvre de la constitution et des réformes législatives, et les déficiences dans la lutte contre la corruption contribuent largement aux difficultés actuelles. Ces questions doivent être une priorité à l’agenda des deux partenaires.

Enfin, les libertés publiques et individuelles restent à consolider. Elles sont mises en danger par un projet de loi qui confère encore plus d’impunité aux forces de l’ordre. Ni la lutte contre le terrorisme, ni le maintien de l’ordre public ne justifient que les forces de l’ordre bénéficient d’un blanc-seing. Dans ce contexte, la réforme envisagée du décret-loi de 2011 sur les associations inquiète à juste titre la société civile tunisienne qui a su jusqu’ici préserver son indépendance et son autonomie au bénéfice de la démocratisation de son pays. »