Journée internationale des réfugiés 2016

Bulgarie, Chypre, Déclaration, Israel / TPO, Jordanie, Liban, Libye, Maroc / Sahara Occidental, Migration et asile, Royaume-Uni, Syrie, Turquie

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Journée internationale des réfugiés 2016

 

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En cette journée internationale des réfugiés, EuroMed Droits donne une vue d’ensemble de la situation des réfugiés dans la région euro-méditerranéenne.

Aujourd’hui plus que jamais, les problèmes liés à la migration et à l’asile sont au sommet de l’agenda européen, et cette année plus que jamais, cette journée doit servir de rappel des obstacles et des problèmes auxquels les réfugiés font face.

Du Nord au Sud, les réfugiés de toutes les origines font face à de multiples défis. Mentalités, traditions, inégalités entre hommes et femmes, mais aussi entre les hommes seuls, la faiblesse du système institutionnel et législatif, le manque de ressources et de formation…

Pendant que certaines réussites peuvent être soulignées, trop d’obstacles persistent encore et les réfugiés sont largement vus comme un fardeau ou une menace à la sécurité, plutôt que d’être accueilli après avoir souffert autant d’atrocités dans leur pays d’origine.

A travers des témoignages personnels ci-dessous, EuroMed Droits, ses membres et ses organisations partenaires rappellent à quel point il est important de s’occuper des migrants de façon humaine et appropriée.

 

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Bulgarie – Radostina Pavlova

Legal Aid – Voice in Bulgaria

Photos Francoise Brie

Lors de la journée internationale des réfugiés nous devrions aussi penser à ceux dont les histoires et les raisons de fuir leurs pays ne sont pas reconnues comme digne d’une protection de réfugié. Au lieu d’être traité avec humanité, ils sont appelés « illégaux », « clandestins », migrants économiques, etc. Ils sont souvent refoulés, sujets à la déportation, à la détention et à une exclusion totale de nos sociétés, qui les décrivent comme une menace afin de légitimer leur traitement indigne.

En Bulgarie, il très difficile d’obtenir le statut humanitaire ou de réfugié. Les gens en provenance d’Afghanistan, d’Irak, du Pakistan et de toute l’Afrique ne sont pas considérés comme des réels réfugiés et sont a priori refoulés ou expulsés. Legal Aid – Voice in Bulgaria apporte une aide juridique gratuite à ceux qui luttent contre une réponse négative et qui font tout leur possible pour avoir une procédure d’asile juste. Au cours des derniers mois, nous avons contesté l’établissement d’une nouvelle procédure pour l’admission ultérieure de demandeurs d’asile, rendant excessivement difficile pour les demandeurs d’asile une fois refusé, d’intenter une nouvelle demande plutôt que d’être détenu ou déporté. Nous nous sommes aussi battus pour plus de transparence et pour un processus de prise de décision dans la détention des migrants plus compréhensible : actuellement, quasiment tous les migrants arrivant en Bulgarie sont détenus dans des prisons ou des centres fermés, même si c’est pour des courtes durées dans certains cas. Enfin, nous avons initié un débat public sur le fait d’accorder un statut humanitaire aux migrants qui vivent en Bulgarie depuis plusieurs années, qui sont intégrés dans la communauté et qui contribuent à la société, mais qui ont épuisé toutes les possibilités pour rester légalement et qui font face à la déportation, souvent vers des pays instables, où ils n’ont rien ni personne.

Vous trouverez plus d’informations sur Legal Aid – Voice in Bulgaria ici

Chypre – Doros Polykarpou

Action for Equality, Support, Anti racism (KISA)

Doros Polykarpou

A Chypre, les conditions d’accueil des personnes demandeuses d’asile et celles ayant besoin de protection humanitaire se définissaient par l’obtention d’allocations sociales. Aujourd’hui, et depuis la loi votée en 2013, ces conditions sont soumises à un régime révisé qui illustre à quel point les politiques gouvernementales divisent en réalité le pays.

Ce système révisé pourvoit deux niveaux distincts d’aide sociale : un pour les citoyens chypriotes et autres citoyens européens avec un revenu minimum garanti, et l’autre pour les personnes demandeuses d’asile et celles ayant un statut de protection humanitaire. Ce nouveau système diminue l’aide publique aux personnes demandeuses d’asile. La majorité de cette aide leur est à présent remise sous forme de coupons (pour la nourriture, les habits et les chaussures).

Ce système condamne les personnes demandeuses d’asile à une vie d’extrême pauvreté et de misère, tout en portant gravement atteinte à leur dignité humaine. De plus, une fois que les personnes réfugiées demandent la protection internationale à Chypre, elles se voient transférées au centre de détention de Kofinou jusqu’à ce que leur dossier soit examiné, une procédure qui peut prendre parfois des années avant d’aboutir. Le fait que le centre Kofinou soit isolé géographiquement, combiné aux conditions de détention qui prévalent dans le centre de nos jours (absence de gestion efficace, surpopulation) seraient des éléments déclenchants des traumatismes que certaines personnes réfugiées auraient vécu de par le passé.

KISA est persuadée que l’isolement géographique du centre nuit à l’intégration des personnes réfugiées. Un incident violent qui s’est passé récemment entre les résidents du centre illustre l’absence de conditions de réception adéquates dans le pays. L’incident s’est déclenché lorsqu’un jeune résident du centre s’est fait attaquer par un groupe d’une origine ethnique différente. Suite à cela, la police et une ambulance ont été dépêchées sur les lieux, mais l’ambulance a refusé de transférer le jeune à l’hôpital sous prétexte qu’il était ivre. Les forces de police ont également classé le dossier et la tension entre les deux groupes ethniques s’est aggravée. Cet incident a conduit à un conflit généralisé.

Les activités de KISA dans le domaine de l’asile comprennent la documentation de la situation des personnes demandeuses d’asile, au sein de la société chypriote. D’autres activités recouvrent également un travail de conscientisation sur les difficultés auxquelles font face ces personnes en chypre. Par le biais d’actions de campagne et d’actions en justice, KISA vise également à promouvoir des changements positifs dans les vies des personnes réfugiées et demandeuses d’asile mais également au sein de la société chypriote en général.

KISA se mobilise pour influencer à la fois les politiques et les pratiques aux niveaux politique, légal et structurel. De même, via le centre KISA pour les personnes migrantes et réfugiées, nous offrons un accès à une information gratuite et des services de soutien aux personnes migrantes et réfugiées, mais également aux personnes victimes de trafic ou de discrimination. En parallèle, nous œuvrons pour la promotion de l’auto-organisation des communautés migrantes et réfugiées ainsi que de leur capacitation, tant au niveau individuel que collectif, afin qu’elles puissent être plus à même de se défendre et de réclamer leurs droits.

Vous trouverez plus d’informations sur Action for Equality, Support, Anti racism ici.

Jordanie – Linda Al Kalash

Tamkeen

Linda Al Kalash

En Janvier 2016, le bureau de Tamkeen a reçu un courriel contenant des informations détaillées sur la situation dramatique de réfugiés soudanais en Jordanie, dont nombreux d’entre eux sont déportés au Soudan. Le courriel a été envoyé par un réfugié du Darfour qui est parti de la Jordanie aux Etats Unis il y a un an et demi, laissant derrière lui de nombreux amis, qui sont encore en Jordanie en tant que demandeurs d’asile ou certains avec le statut juridique des réfugiés. Tous ont été victimes de la guerre du Darfour.

Après avoir échappé à l’horreur du Darfour et le génocide, ils ont été admis en Jordanie, mais il y a quelques jours plusieurs d’entre eux ont été renvoyés de force au Soudan. Si des actions ne sont pas prises, des milliers d’autres vont subir le même destin. Une fois au Soudan, ces gens ont été mis en prison et battus, affrontant une situation menaçant leur vie. La Jordanie les a déportés simplement parce qu’ils ont manifesté devant les bureaux du HCR d’Amman pendant un mois, demandant de meilleures conditions de sécurité et un traitement égal à celui des autres réfugiés. Trois d’entre eux sont morts le 19 Décembre 2015, lorsque la police a utilisé des gaz lacrymogènes contre un groupe de réfugiés qui a refusé d’embarquer dans l’avion. Les autorités jordaniennes n’ont pas commenté cette tragédie.

Selon le courriel reçu par Tamkeen, il y a environ 3200 réfugiés soudanais en Jordanie, pour la plupart originaires du Darfour.

Ces derniers jours, environ 500 réfugiés Soudanais ont été expulsés vers le Soudan, dont une majorité était enregistrée, ce qui signifie qu’ils ont été reconnus comme réfugiés par le HCR. Environ 180 d’entre eux ont été arrêtés et emprisonnés peu de temps après leur retour au Soudan. En outre, en raison de leur statut de réfugié, ils ne disposaient pas de permis de travail.

Vous trouverez plus d’informations sur Tamkeen ici

Jordanie – Dominique Sherab

Arab Renaissance for Democracy and Development (ARDD-Legal Aid)

Dominique Sherab

Hassan est un jeune homme soudanais. En 2011, il est parti en Jordanie pour échapper aux dangers de la guerre au Soudan et il vit à Amman depuis.

Dès son arrivée  en Jordanie, Hassan a rapidement commencé à chercher du travail. Peu après, il a été embauché par une entreprise pour travailler comme forgeron. Ce travail l’a aidé à s’adapter à sa nouvelle vie à Amman et à dépasser les difficultés et les souvenirs de son expérience au Soudan. Donc, il considérait son travail comme une chance pour commencer une vie meilleure.

Cependant, son employeur a commencé progressivement à ne plus lui verser son salaire. Chaque fois qu’il demandait une explication, son employeur lui disait simplement d’être patient. Après deux années d’arriéré de salaire Hassan a décidé de quitter son emploi, ne sachant pas comment résoudre la situation.

Hassan voulait réclamer son salaire, mais en même temps il craignait la réaction des autorités gouvernementales, puisqu’il travaillait sans permis. Finalement Hassan a décidé de mettre fin à son silence et de demander l’aide de l’association pour réclamer le salaire dont il avait droit suite à son travail. C’est comme ça qu’il s’est mis en contact  avec ARDD-Legal Aid.

ARDD-Legal Aid l’a informé qu’il avait en effet le droit de réclamer ses salaires impayés dans les tribunaux réguliers. Même si Hassan n’avait pas un permis de travail, les avocats de ARDD-Legal Aid l’ont informé qu’il pouvait encore réclamer ces salaires en vertu de la législation du travail de la Jordanie. Les avocats l’ont encouragé à approcher l’employeur une fois de plus à l’amiable avant de déposer une plainte, mais cela a échoué.

Ainsi, ARDD-Legal Aid a fait un compte rendu de la nature du cas d’Hassan et des exigences d’une telle procédure, comprenant de la documentation à l’appui et des témoignages. Avec le soutien de l’ARDD-Legal Aid Hassan a déposé la plainte, mais les témoins de l’affaire n’ont pas comparu devant le tribunal. En conséquence, le cas est devenu plus difficile à prouver : la seule preuve qu’Hassan avait était son serment de vérité. Sur ce serment, le tribunal a décidé d’obliger l’employeur à payer les salaires et des intérêts à Hassan (totalisant plus de 2 000 JOD).

Vous trouverez plus d’informations sur ARDD-Legal Aid ici

Liban- Berna Habib

Frontiers Ruwad 

Berna Habib

Au Liban, il n’y a pas de loi sur les réfugiés. Les réfugiés sont assimilés aux migrants et beaucoup d’entre eux sont considérés comme « illégaux ». En 2011, Ruwad frontières a mené avec succès son premier procès important. Il s’agissait de l’affaire d’une femme irakienne qui avait fui l’Irak en 2009 pour échapper à de graves menaces à son intégrité physique (après que son mari ait été tué). Elle est arrivée au Liban seulement pour faire face à une expulsion en Irak sur ordre de la sécurité générale libanaise.

Frontiers Ruwad a contribué à faire pression sur la court pour qu’elle ne soit pas expulsée. Cette femme s’est réinstallée et vit au Liban depuis.

Pour les réfugiés venant de Syrie, le problème est plus complexe. Beaucoup de choses ont été faites par les autorités pour accueillir le flot de réfugiés, mais leur situation reste très vulnérable. C’est surtout le cas pour les enfants qui sont nés sur le territoire libanais. Comme les familles de réfugiés syriennes font face à d’importants obstacles pour déclarer la naissance de leurs enfants, ces enfants font face à des risques croissants d’être apatride…Obtenir la résidence légale est considérée pour nombreux d’entre eux comme trop cher et trop pesant. Frontiers Ruwad appelle les autorités libanaises à lever tous les obstacles financiers et administratifs, à permettre aux réfugiés d’enregistrer leurs naissances et à assurer qu’ils aient pour acquis un accès à des droits élémentaires.

Frontiers Ruwad est une ONG de droits humains du Liban qui fonctionne depuis 1999 pour renforcer la protection des groupes marginalisés dans la société, incluant les réfugiés, les apatrides et les détenus étrangers. Elle fournit des informations sur les droits élémentaires et offre des services pour avoir accès à ces droits. Elle fait pression sur les autorités libanaises et les corps pertinents des Nations Unies. Frontiers Ruwad travaille dans le sens aussi de l’Etat de droit et au respect des droits humains au Liban et dans la région. Les groupes qui bénéficient de ses activités sont des réfugiés de plusieurs nationalités, y compris des palestiniens et des personnes apatrides.

Vous trouverez plus d’informations sur Frontiers Ruwad ici.

Libye – Gino Barsella

Italian Council for Refugees 

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Ayant tout juste 18 ans, Fresghy a quitté son village en Erythrée pour échapper au service militaire obligatoire. Au printemps  2011, il est arrivé aux abords de Khartoum(Soudan), appelé le « marché libyen »  où il a passé plusieurs jours à négocier son passage en Lybie, et puis de la mer avec les « marchands de chairs humaines ». Une semaine plus tard, le camion du passeur est arrêté par la police libyenne et ils sont amenés dans un centre de détention proche. Ce fut les mois les plus difficiles de sa vie, vivant dans une cellule chaude et surpeuplée, sans savoir ce qui  allait lui arriver. Un jour Fresghy et les détenus ont réalisé que la police avait quitté le centre de détention, et après s’être libéré, ils se sont retrouvés pris au milieu de la guerre civile libyenne. Fresghy ensuite s’est échappé pour le camp de réfugiés Shusha, en Tunisie, où il a commencé les procédures de l’UNHCR pour être enregistré comme un réfugié. Mais les demandeurs d’asile étaient trop nombreux, les procédures trop longues, et selon la rumeur les chances d’être accepté en Europe pour les réfugiés étaient trop fines. Fresghy a perdu sa patience et est retourné en Lybie tout seul, en espérant traverser la mer par bateau. Avant d’atteindre Zwaran la première ville après la frontière, il a été capturé par des miliciens et disparu pour plusieurs mois.

Il a finalement réussi à s’échapper au Nigeria, mais Lagos était trop dangereux pour les étrangers et Fresghy  traversa alors la frontière pour le Benin et se signala à l’office locale de l’UNCHR. Il obtenu finalement son statut de réfugié, lui permettant de travailler et il attend maintenant une réinstallation dans un troisième pays plus sûr, les Etats Unis.

Parmi les différentes activités du CIR en Libye, une des plus importantes est l’assistance gratuite aux migrants vulnérables dans les centres de détention, spécifiquement les femmes et les enfants. Même si ils ne sont pas techniquement parlant des réfugiés, ils souffrent souvent de violences et de traumatismes psychologiques et sont dans le besoin d’une protection internationale. Le premier but de CIR est qu’ils soient relâchés de ces centres et de les aider à avoir accès à des services de santé et regagner leur indépendance et dignité. Enfin ceux qui veuillent retourner dans leurs propres pays sont aidés à travers des projets de réintégration socio-économique.

Vous trouverez plus d’informations sur Frontiers Ruwad ici

Maroc – Khadija Ainani

Association Marocaine des Droits Humains (AMDH)

Khadija Ainani

Il s’appelle Coudou. C’est un surnom qu’il y eu sur les terrains de football, car il a toujours rêvé d’être footballeur professionnel. Il a 25 ans et il a quitté son pays en 2009 pour assurer sa sécurité physique et financière. Il est parti en Sénégal en voiture, où il est resté trois années  à jouer au football dans différents clubs. En travaillant comme domestique il a réussi à économiser un peu d’argent, qu’il a dépensé pour se déplacer en Mauritanie. Son objectif était de rejoindre le Maroc, mais il a rencontré beaucoup de difficultés à la frontière avec la Mauritanie. Arrivé à Rabat, il a dormi dans la rue avant de rencontrer des compatriotes, qui ont acceptés de l’héberger. Au début, il y’avait beaucoup d’agressions dans le quartier, mais il a commencé petit à petit à s’adapter à la vie du Maroc. Le matin, il sortait  comme les autres pour chercher du travail et le soir il jouait au football aussi, mais c’était très difficile pour lui car, il  travaillait dans des chantiers de construction. Finalement, il  s’est lancé dans la cordonnerie, il a monté une petite table dans le marché de Takadoum, il se débrouille là-bas jusqu’à maintenant. Il a été régularisé tout récemment dans le cadre de la campagne de régularisation des migrants irréguliers. La vie au Maroc n’est pas du tout facile et il a presque abandonné son rêve de footballeur. Aujourd’hui, son plus grand souhait est d’économiser le plus d’argent pour partir en Europe.

Travail de l’AMDH

Notre mission à l’AMDH c’est la protection et la promotion des droits humains en général, y compris  celles des migrants et des réfugiés. Et pour accomplir cette mission nous travaillons sur plusieurs aspects : soutien et solidarité, plaidoyer, sit-in, marches, caravanes, création de ateliers, tables rondes, séminaires, formation, réseautages etc.

Une activité récente a été le projet de renforcer les capacités des associations qui travaillent avec les personnes en besoin de protection internationale, en partenariat avec CEAR et qui s’étale sur toute l’année 2016. Ce projet est dédié aux personnes migrantes, refugiées et demandeuses d’asile, ainsi que les associations qui travaillent dans le domaine de migration et de l’asile. Ils ont soutenu aussi les personnes demandeuses d’asile qui étaient en sit-in devant l’UNHCR pour protester contre le refus de réception de leurs dossiers et pour revendiquer la régularisation de leurs demandes d’asile.

Un grand merci à Alpha qui m’a aidé dans le recueil du témoignage. Khadija Ainani

Vous trouverez plus d’informations sur l’AMDH ici.

Maroc – Abderrazak Ouiam

Organisation Marocaine des Droits Humains (OMDH)

Abderrazak OUIAM

B., réfugié ivoirien, a fui son pays en 2004, après le déclenchement du conflit  interne qu’a connu la Cote D’ivoire. Il a refusé de rejoindre l’armée de Hassan Watara et au cours de sa fuite il a eu un accident grave qui lui a coûté deux doigts.

Bamba a passé deux années pénibles entre Mali et Algérie avant d’arriver au Maroc en 2006 par la ville d’Oujda,  à crainte d’être arrêté dans les autocars et expulser ; il a marché 28 jours d’Oujda à Rabat pour s’enregistrer au HCR.

En dépit de son état de refugié, reconnu par le HCR, il a échappé de plusieurs expulsions vers la frontière Maroc-Algérie entre 2006 à 2008.

L’OMDH, en collaboration avec le HCR, l’a assisté plusieurs fois pour l’aider à rentrer en Maroc  et il l’a accompagné juridiquement dans les procédures d’obtention de sa carte de séjour auprès de la préfecture de police à Oujda.

Il a eu sa carte de refugié délivrée par le bureau des réfugiés et apatrides.

Il n’a pas de travail stable, avec l’aide du HCR il a essayé de monter son propre petit projet (vente de portables), mais en vain. sans diplôme, B. reste très vulnérable et sa situation l’a  poussé à déposer une demande de réinstallation auprès du HCR.

Vous trouverez plus d’informations sur l’OMDH ici.

TPO / Israël – Ran Goldstein

Physicians for Human Rights in Israel

Ran Goldstein

Israël acceuille quelques 300 000 migrants non réfugiés. Parmi eux il y a des travailleurs migrants, et à peu près 43.000 demandeurs d’asile, dont plus de 92% viennent d’Erythrée ou du Soudan. Appelés « infiltrés » par Israël, pour les décrire une menace à la sécurité, ils sont entrés dans le pays par la péninsule du Sinai  où  nombreux d’entre eux ont été torturés par des bédouins trafiquants, extorqueurs. Avec d’autres mesures dissuasives, Israël a fait passer une loi qui permet l’emprisonnement  pour un an des demandeurs d’asile, ayant pour but de les forcer à quitter Israël, depuis que la convention des Nations Unis sur les réfugiés empêche Israël à les déporter de force.

Les demandeurs d’asile se voient accordés un visa qui leur donne le droit de ne pas être temporairement déporté d’Israel. Ils ne sont pas autorisés à travailler et ne reçoivent aucuns avantages sociaux. Puisque les droits sociaux dépendent de la résidence en Israel, les gens sans statut sont privés de la possibilité de réaliser pleinement leur droit à la santé, et la plupart n’ont pas accès aux soins médicaux.

Le but de PHRI est de protéger et promouvoir les droits des travailleurs migrants, des demandeurs d’asile, des réfugiés et des autres groupes non-résidents. L’organisation utilise des conseils individuels et des plaidoyers, des actions judiciaires, du lobby, et met à disposition des services médicaux et sociaux pour subvenir aux besoins sanitaires, et promouvoir à long terme un changement de politique pour sécuriser l’accès public aux services de santé, et l’accès aux droits humains basiques pour toute personne vivant en Israël sans regarder son statut légal.

L’organisation fait fonctionner la “clinique ouverte” cinq jours par semaine, composés par des docteurs volontaires apportant un traitement à ceux qui ne sont pas couverts par l’assurance nationale. Le traitement ne finit pas toujours avec la visite à la clinique, souvent  les patients ont besoin du soutien de PHRI pour exercer leur droit à la santé vis-à-vis du système de santé ou des compagnies d’assurance privées. En 2016, la clinique ouverte de PHRI va mener environ 6 000 examens médicaux pour des personnes non autorisés ou pas assurés, principalement à des demandeurs d’asile. De plus nos assistants sociaux vont aider 250 personnes, parmi eux des dizaines de victimes de tortures.

Par le biais du projet Sinai torture, en coopération avec autres organisation, PHRI fait pression sur « le Knesset », les ministres et les responsables internationaux pour la mise à disposition de services sociaux, judiciaires et médicaux aux victime de torture qui résident en ce moment en Israël. Cela est soutenu par des experts specialisés dans la santé mental et les problèmes liés aux malades mentaux, qui conduisent des recherches académiques et apportent des donnés de qualités concernant l’échelle l’histoire du traumatisme, les problèmes de santé mentale et les besoins de rééducation parmi les survivants à la torture.

Vous trouverez plus d’informations sur Physicians for Human Rights in Israel ici

TPO / Israël – Reut Michaeli

Hotline for Refugees and Migrants

Reut Michaeli

Befakadu

Le 22 Février 2015, la Hotline for Refugees and Migrants a réussi à faire libérer de détention de l’immigration Befakau – un homme, mari et père éthiopien – après 5 mois de détention. La demande d’asile de Befkadu avait été rejetée et il a été incarceré en vue d’être expulsé, malgré le fait que sa femme Elizabeth, également éthiopienne, soit  enceinte de quatre mois, de leur deuxième enfant. Leur premier enfant, Bat-El  âgé de sept ans, a  toujours vécu en Israël. Elizabeth était en attente d’une réponse à sa demande d’asile depuis Janvier 2009. Après une longue série d’appels juridiques, un article émouvant sur la chaine 2 de la télévision israélienne et cinq longs mois de détention, Hotline a réussi à libérer Befakadu le 22 Février. Cinq jours plus tard, ils ont eu un petit garçon !

Bien que Befkadu soit hors de détention, une décision de la Cour suprême sur son dossier est toujours en attente. L’affaire remet en question la politique permettant  à un individu de résider en Israël alors que la demande d’asile de son conjoint est en attente uniquement si le couple était marié avant d’arriver en Israël. Cet affaire a le potentiel de créer un précédent important pouvant  arrêter la déchirure des beaucoup de familles.

Y

‘Y’ a été emprisonné pour trois ans dans le centre israélien de détention de l’immigration Saharonim parce que le ministère de l’Intérieur l’a identifié, à tort, comme éthiopien.

Alors que les citoyens érythréens et soudanais relèvent de la politique de non-renvoi d’Israël, les citoyens d’autres pays peuvent être emprisonnés indéfiniment s’ils refusent de quitter le pays. «Y» est donc resté en prison pendant trois ans : 1.045 jours de détention administrative en raison de cette erreur d’identification. Après une longue lutte bureaucratique menée par Hotline, le ministère de l’Intérieur a finalement cédé et a reconnu «Y» comme Érythréen et l’a libéré.

Malheureusement Y a été choqué lorsqu’il a récemment reçu une convocation à Holot pour purger le plus de temps possible là-bas, alors même qu’il a  déjà été détenu par le gouvernement 3 ans. Cela est possible puisque comme il est identifié maintenant comme Erythréen il peut être envoyé à holot. Grace à l’appel que Hotline a déposé, la convocation» de « Y » à Holot est actuellement gelé, probablement pour une longue période. Hotline va continuer à se battre pour lui, puisque l’État a commis une injustice grave et l’a privé de sa liberté pendant trois ans sur la base d’une erreur. Hotline va se  battre pour faire en sorte qu’il ne passe pas plus un jour dans le Service pénitentiaire d’Israël.

Vous trouverez plus d’informations sur Hotline for Refugees and Migrants ici.

Turquie – Mustafa Kurter

Helsinki Citizens Assembly (HCA)

Mustafa Kurter

Le 15 Septembre 2015, des milliers de Syriens ont tenté de franchir la frontière entre la Turquie et la Grèce, dans l’espoir d’arriver en Allemagne. Dans le camp de réfugiés turc où ils vivaient dans des conditions terribles, il y avait la rumeur selon laquelle la frontière avec Grèce était ouverte aux réfugiés. Ainsi, beaucoup d’entre eux ont commencé à marcher d’Istanbul à Edirne (300 km), la dernière ville avant la frontière. Les forces de police turques ont bloqué la frontière et beaucoup d’entre eux ont été déplacés dans le stade d’Edirne. HCA est allé à ce stade avec une ambulance pour le soutien médical, mais le gouvernorat ne lui permettait pas, affirmant qu’il y avait déjà plusieurs ambulances, bien qu’il n’y en avait pas. Après 4-5 jours, les conditions d’hygiène étaient critiques et ils ne pouvaient  pas accéder aux hôpitaux à cause de leur carte d’identité. Après la crise Edirne, plusieurs de ces problèmes ont été abordés et maintenant les réfugiés peuvent avoir accès aux médicaments et aux hôpitaux.

Mustafa Kurter, de l’Assemblée des citoyens d’Helsinki (HCA) a recueilli les témoignages de nombreux réfugiés qui attendaient à Erdine: beaucoup d’entre eux ne voulaient pas rester en Turquie, persuadés  qu’ils ne pourraient créer une nouvelle vie pour eux et leurs familles seulement en Europe. Ils ont échappé à la guerre et à la mort en Syrie, cherchant un espoir en Turquie qu’ils n’ont pas trouvé.

Dans les cinq jours que Mustafa a passé à Erdine, en essayant de soutenir les migrants bloqués dans ce camp improvisé, il y a une image qu’il ne peut pas oublier. Le troisième jour, il pleuvait et tout le monde était à la recherche d’un abri. Tout le monde, sauf un homme inconsolable, qui s’est assis au milieu du stade avec ses bras ouverts demandant à plusieurs reprises «Pourquoi?» au ciel.

L’Assemblée des citoyens d’Helsinki (HCA) a créé une clinique psychologique et de soins de santé primaires pour les réfugiés syriens en Kilis ; la clinique est techniquement et financièrement soutenue par Médecins sans Frontières – Espagne. Elle est opérative depuis presque 3 ans, aidant plus de 100.000 réfugiés. En outre, plus de 10.000 patients ont continué une troisième session en clinique de soutien psychologique.

Vous trouverez plus d’informations sur Helsinki Citizens Assembly ici

UK – Barbara Harrell-Bond

International Refugee Rights Initiative/Rights in Exile

BARBARA HARRELL BOND

Le portail d’information (Refugee Legal Aid Information) un projet en continuel progrès pour assister les avocats représentant les réfugiés, mais aussi apporte  une voie pour les réfugiés de nous contacter à partir du monde entier. Nous avons des demandes frénétiques pour des conseils pour les rwandais, particulièrement en Afrique, mais aussi d’ailleurs, qui à cause de la promotion par l’UNHCR de la Clause de Cessation (regardez notre newsletter pour plus d’informations sur la longue bataille contre cette mauvaise politique), se trouvent sujet à être forcer de retourner au Rwanda.  Excepté pour certains pays, ils n’ont pas accès à des avocats.

Un exemple de réussite de Droits en Exil est assez excitant et montre l’importance de la réaction rapide. Nous avons reçu une demande d’un réfugié sri lankais en route pour Los Palma, les Iles Canaries. Il souhaitait savoir s’il pouvait demander l’asile dans un aéroport ou attendre d’être sorti.  Nous avons pu contacter Kimi Aoki Iglesias, dans une ONG dans les Iles où Los Palmas est situé. Elle le conseilla d’essayer de quitter l’aéroport d’abord, mais si il était détenu, la police le mettrai en contact avec eux. Toute cette communication s’est passé avant qu’il atterrisse parce qu’elle a répondu rapidement à notre email.

Vous trouverez plus d’informations sur International Refugee Rights Initiative ici

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