Escalade de la violence en Israël/dans le TPO : il est temps de s’attaquer aux causes profondes du conflit

Déclaration

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EuroMed Droits est profondément préoccupée par l’escalade de la violence, les décès et les infractions quotidiennes du droit international observés en Israël et dans les territoires palestiniens occupés. Ces événements doivent être abordés dans le contexte de l’oppression et de l’humiliation quotidienne dont sont victimes les 4 millions de Palestiniens qui vivent sous l’occupation, ainsi que de l’absence de tout horizon politique.

L’UE et ses États membres se doivent de condamner sans ambages toutes les attaques illégales menées contre des civils, le recours excessif à la force par les forces de sécurité israéliennes, les sanctions collectives et les actes de violence toujours plus nombreux de la part des colons. Ils se doivent également de prendre des mesures pour contraindre Israël à mettre un terme à l’occupation.

Ces dernières semaines ont été la scène d’une vague d’attaques délibérées non coordonnées, pour la plupart orchestrées par de jeunes Palestiniens contre des ressortissants israéliens. Jusqu’à présent, huit Israéliens ont été tués.

Depuis le 1er octobre, les forces israéliennes ont tué 30 Palestiniens, dont sept enfants, et des milliers de Palestiniens ont été blessés en raison d’un recours excessif à la force par les forces de sécurité israéliennes à Gaza, en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, et contre des palestiniens citoyens d’Israël.

Cette politique « tirer pour tuer » s’inscrit dans le sillage de la décision prise par le cabinet de sécurité israélien en septembre 2015 d’autoriser le recours à des snipers et à des munitions actives contre les manifestants palestiniens, ainsi que d’assouplir les règles d’engagement pour le traitement des individus suspectés d’avoir attaqué d’autres civils ou des membres des forces de sécurité. En vertu du droit international, le recours aux armes à feu n’est permis qu’en tout dernier ressort en cas de légitime défense de soi-même ou d’autrui contre une menace de mort ou de blessure grave imminente.

Outre un recours excessif à la force, les autorités israéliennes ont également adopté une série de mesures successives visant à supprimer le droit légitime des Palestiniens, y compris des palestiniens citoyens d’Israël, de protester contre les politiques du gouvernement et d’exercer leur droit à la liberté d’expression.

Cette décision a eu pour conséquences des arrestations arbitraires, des arrestations préventives d’organisateurs de manifestations, l’arrestation de parents de manifestants et des actes d’intimidation. En plus d’une recrudescence du nombre de démolitions punitives d’habitations et de restrictions arbitraires de circulation en Cisjordanie, y compris la récente décision d’imposer un blocus dans les quartiers palestiniens de Jérusalem-Est et de révoquer le statut de résident de Jérusalem pour les Palestiniens accusés d’attaques, ces actes s’apparentent à une sanction collective et impliquent l’intensification des pratiques de l’occupation.

EuroMed Droits condamne ces actions et toutes les attaques illégales contre des civils qui sont injustifiables en vertu du droit international. Il est regrettable que, dans sa réponse à l’escalade actuelle de la violence, l’UE n’applique pas ces normes internationales aux civils palestiniens et fasse fi des causes profondes de cette situation.

La réponse de l’UE ne tient pas non plus compte du fait que cette escalade de la violence survient dans le contexte d’une recrudescence de la violence des colons à l’encontre des civils palestiniens ; les colons agissent bien souvent avec la protection de l’armée israélienne et les autorités israéliennes ne protègent pas les Palestiniens contre ces attaques. Rien qu’entre le 28 septembre et le 4 octobre 2015, 29 actes de violence commis par des colons ont été signalés.

Pour s’attaquer aux symptômes, mais aussi aux causes profondes de cette escalade, l’UE doit réclamer le respect total du droit international et veiller à ce que tous les coupables, y compris les forces de sécurité israéliennes, rendent des comptes. EuroMed Droits se félicite d’ailleurs que l’UE ait appelé Israël à mener une enquête approfondie sur le contexte dans lequel des Palestiniens aux mains des forces de sécurité israéliennes ont trouvé la mort. EuroMed Droits tient toutefois à rappeler à l’UE le bilan lamentable d’Israël s’agissant de traduire en justice les coupables de violations du droit international.

Il est vital que l’UE cherche à stopper l’escalade actuelle, mais il est tout aussi essentiel qu’elle s’efforce de mettre un terme à l’occupation illégale qui dure depuis 49 ans et qui caractérise le conflit.