Au Maroc, « toutes et tous hors-la-loi jusqu’à ce que la loi change »

Lettre d'information, Maroc / Sahara Occidental

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Ajouter l’injustice à la douleur. C’est la triste expérience vécue par une jeune femme divorcée, mère de deux enfants, originaire de Tétouan au Maroc. Après qu’une vidéo intime a été diffusée à son insu sur les réseaux sociaux, Hanna (aussi connue sous le pseudonyme « Moulat El Khimar » littéralement, « la fille au voile »), s’est retrouvée sous le coup de l’article 490 du Code pénal marocain qui criminalise les relations hors mariage.

Condamnée par le Tribunal de première instance de Tétouan à un mois de prison ferme et à une amende de 500dirhams (45euros), Hanna est la double victime d’une vengeance pornographique et du système judiciaire. Si l’auteur des faits, responsable de la diffusion de la vidéo et actuellement domicilié aux Pays-Bas, est également sous mandat d’arrêt international, aucun jugement n’a été prononcé contre ceux qui ont participé à la diffusion de la vidéo en ligne.

L’affaire secoue le Maroc alors que deux collectifs, le mouvement Hors-la-Loi et le Collectif 490, se mobilisent depuis octobre 2019 suite à la condamnation de la journaliste Hajar Raissouni pour «avortement illégal» et «relations sexuelles hors mariage». Selon les chiffres du parquet général, plus de 15.000 personnes ont été poursuivies au nom de l’article 490.

Cette nouvelle vague de protestations, organisée comme un sit-in virtuel autour du partage d’un visuel sur fond rouge marqué du hashtag #STOP490, rencontre un succès important sur internet. L’appel demandant l’abrogation de l’article a été largement relayé sur les réseaux sociaux par les internautes ainsi que par de nombreux.ses artistes, intellectuel.le.s et personnalités publiques influentes.

A l’approche des élections législatives prévues en octobre 2021, le Collectif 490 a demandé aux partis politiques de se positionner sur l’abrogation de l’article. Certain.e.s député.e.s marocain.e.s se sont exprimé.e.s en faveur de cette abrogation et appellent à une révision plus globale du Code pénal. Affaire à suivre donc.

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