Rétrécissement de l'espace de la société civile

A propos

icon-shrinking-250Ces dernières années, de nombreux gouvernements de la région euro-méditerranéenne ont adopté des mesures et des politiques de plus en plus répressives pour limiter l’activisme de la société civile et museler les voix critiques. Ce phénomène a été défini par des institutions internationales des droits humains comme « rétrécissement (ou clôture) de l’espace pour la société civile », c’est-à-dire une diminution de l’espace de manœuvre des défenseurs des droits humains, où des journalistes, syndicalistes, avocats, intellectuels ou toute voix dissidente doivent souvent faire face à des restrictions arbitraires, des menaces physiques, du harcèlement judiciaire, des arrestations et parfois même la mort.

Ces attaques multidimensionnelles réduisent la capacité de la société civile à jouer son rôle fondamental de gardien de la démocratie et de leader d’alternatives politiques ; de plus, elles violent l’obligation des États à promouvoir et protéger un environnement favorable à la société civile, en particulier les libertés d’expression, de réunion et d’association, l’accès libre à – et la diffusion de – l’information, et la participation aux affaires publiques.

 

HIGHLIGHTS

 

Depuis sa création en 1997, EuroMed Droits a accordé une attention particulière à la liberté d’association et de réunion dans la région euro-méditerranéenne.

EuroMed Droits a suivi de près la situation dans les différents pays, en documentant les violations, soutenant le travail des organisations membres et en formulant des recommandations pour les gouvernements et les institutions afin d’assurer le respect de ces libertés.

La vague de protestations à la suite des « soulèvements arabes », ainsi que les manifestations massives anti-austérité qui ont secoué l’Europe depuis 2008, ont démontré le rôle central de la liberté de réunion et d’association dans les sociétés démocratiques en général, et dans les transitions démocratiques en particulier.

Bien que ces soulèvements aient souvent été déclenchés par les nouvelles technologies de la communication et les « médias sociaux », ils se sont déroulés dans les rues. La présence massive d’hommes et des femmes dans les espaces publics a amené certains gouvernements à tomber, changer de direction ou même à adopter des mesures plus drastiques et répressives pour écraser la protestation et museler la critique.

Les droits à la liberté de réunion et d’association pacifiques sont inscrits dans les traités internationaux et régionaux, et les autorités doivent les protéger et les assister. Ces droits ne sont pas seulement un élément clé dans la lutte contre les régimes oppressifs – souvent à un prix élevé en termes de vies humaines – mais sont aussi essentiels pour l’exercice de la démocratie, qui ne peut pas être réduite au droit de vote. La démocratie est inséparable de la liberté de réunion et d’association, et elle ne peut pas être efficace si les voix dissidentes et minoritaires sont réprimées.