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Tragédies en Méditerranée : EuroMed Droits exige des mesures réelles pour le sauvetage des personnes migrantes

A l’occasion de la journée internationale des personnes migrantes, EuroMed Droits alerte sur la tragédie humanitaire persistante en Méditerranée. Depuis janvier 2023, les naufrages ne cessent d’augmenter et l’identification des personnes disparues reste faible.

Triste constat annuel : la Méditerranée continue d’être le théâtre d’une crise humanitaire déchirante. Les personnes migrantes sont toujours plus nombreuses à tenter la traversée tumultueuse, espérant de l’Europe un accueil digne en raison des circonstances difficiles les ayant poussées à fuir leur pays. Malheureusement, peu nombreuses sont celles qui atteignent le continent saines et sauves.

Selon le projet Missing Migrants de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), 2 511 migrant·es ont disparu en mer depuis début 2023. Un nombre bien inférieur à la réalité. EuroMed Droits a répertorié plusieurs naufrages dans ses mises à jour bi-mensuelles « Sur la route ». Parmi les plus tragiques, celui du 26 février : un bateau quittant la Turquie avec environ 200 personnes a fait naufrage au large de Cutro (Italie), provoquant la mort de 94 migrant·es dont 35 mineur·es. Puis, le 14 juin 2023, près de 600 personnes se sont noyées au large de Pylos (Grèce) dans la mer Méditerranée, et le samedi 16 décembre, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a rapporté la disparition présumée et le décès de plus de 61 personnes suite au naufrage de leur embarcation au large des côtes libyennes. Entre janvier et juillet, les autorités tunisiennes ont récupéré un total de 901 corps au large des côtes de Tunisie. Derrière chacun de ces chiffres se cache une vie perdue et une famille déchirée.

Alors qu’un trilogue sur le nouveau Pacte pour la Migration et l’Asile est actuellement discuté à Bruxelles, EuroMed Droits dénonce l’inaction de l’Union Européenne pour secourir des personnes en détresse sur son propre territoire et exige une réforme urgente et totale de ce Pacte.

Sara Prestianni, Directrice du Plaidoyer à EuroMed Droits regrette que « les États qui le peuvent se dérobent simplement de leurs responsabilités en payant pour des murs et des camps de détention dans des États frontaliers ou des pays non-membres de l’Union européenne, dont le bilan en matière de droits humains est peu reluisant » et appelle les décideur·ses européen·nes à « se concentrer sur une véritable solidarité, des routes migratoires sûres pour les personnes qui en ont besoin, et adopter un système avec le soin et l’investissement nécessaires pour garantir que les personnes en déplacement et les communautés d’accueil profitent des avantages de la migration. »

En cette journée de commémoration, EuroMed Droits exprime sa solidarité envers les familles et les proches des personnes disparues. Nous exhortons la communauté internationale à redoubler d’efforts pour mettre fin à cette tragédie humanitaire.