Maroc: Détérioration des conditions de détention des prisonniers politiques du Hirak

Déclaration, Droits économiques et sociaux, Maroc / Sahara Occidental

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Mardi 3/10/2017 – Depuis plus de deux semaines, de nombreux prisonniers politiques du mouvement de contestation du Rif (Hirak) ont entamé une grève de la faim pour dénoncer le caractère arbitraire de leur procès et les conditions de leur détention. EuroMed Droits appelle les autorités marocaines à libérer toutes les personnes détenues suite aux évènements du Rif ou à les juger et à leur garantir un procès équitable dans un délai raisonnable.

EuroMed Droits regrette la réaction sécuritaire des autorités marocaines face à un mouvement qui trouve sa source dans la dégradation de la situation économique et sociale de la région d’Al Hoceïma. Plus de 300 personnes seraient encore incarcérées pour leur participation au Hirak depuis le mois de mai, dans des conditions carcérales qui se sont aggravées. Nabil Ahmjik, Rabie Al Ablak et Jaloul Mohammed, trois leaders du Hirak, ont dénoncé les abus subis ces dernières semaines, tels que l’impossibilité de communiquer avec leur famille et la détérioration de leurs affaires personnelles. Le Maroc a ratifié la Convention contre la torture des Nations unies et de ce fait, est tenu de respecter les droits des prisonniers et de veiller à leur santé, à leur intégrité physique et psychologique.

Le droit à un procès équitable doit être garanti à tous les détenus, y compris à Nasser Zefzefi, leader du mouvement Hirak emprisonné depuis fin mai et dont la date du procès sera connue seulement le 4 octobre. Par ailleurs, EuroMed Droits s’inquiète de la peine alourdie du journaliste Hamid El Mahdaoui, directeur et rédacteur en chef du site Badil.info, condamné à un an de prison ferme par la Cour d’appel d’Al Hoceïma.

Enfin, EuroMed Droits demande aux autorités marocaines de mener une enquête impartiale et indépendante pour apporter toute la lumière sur les événements d’Al Hoceïma et de rompre avec le traitement purement sécuritaire et répressif ; un tel traitement n’est pas de nature à permettre un dialogue responsable et transparent essentiel à la résolution de la crise.

 

Mise à jour – Mardi 10/10/2017

EuroMed Droits déplore les poursuites et les moyens de pression à l’encontre d’avocats des détenus du Hirak. Notre organisation s’émeut en particulier du cas de Maître Abdessadeq El Bouchtaoui, accusé notamment d’humiliation et de diffamation à l’encontre des autorités marocaines, et poursuivi par le Tribunal de première instance d’Al Hoceima. Abdessadeq El Bouchtaoui risque jusqu’à cinq ans de prison ferme. Son audience est fixée au 26 octobre prochain. EuroMed Droits rappelle que l’indépendance des avocats est protégée par le droit international.

 

Pour rappel

Depuis le 28 octobre 2016, date de la mort de Mouhcine Fikri, vendeur de poissons broyé par une benne à ordures alors qu’il cherchait à sauver sa marchandise confisquée, de nombreuses manifestations se sont déroulées dans la ville d’Al-Hoceima et dans la région du Rif. Les manifestants appelaient au respect de leurs droits économiques et sociaux, et dénonçaient la corruption et les abus de l’administration. Depuis quelques semaines, les manifestations se sont taries, mais pas les arrestations. Les associations locales recensent entre trois et dix nouvelles interpellations chaque jour.

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